Les belles vies, Benoît Minville, Sarbacane

Publié le par Miss Charity

Les belles vies, Benoît Minville, Sarbacane

«Ce n'est pas encore le moment où on débute le compte à rebours de la fin des grandes vacances, mais déjà la moitié du chemin est parcourue. Septembre se dessine sur les pubs à la télé, la nuit commence déjà à tomber plus tôt, et on va peut-être, par moments, regarder les agendas ou les cahiers de vacances avec moins de nonchalance. Et cependant les après-midis au bord de la rivière continuent d'avoir un goût d'absolu.»

C'est l'été, alors voici un roman ado en parfaite adéquation avec la saison !

Vasco et Djib sont deux jeunes banlieusards envoyés par leurs parents en pleine cambrousse, dans la Nièvre, après une bagarre de trop. Ils se retrouvent donc au milieu d'une smala gérée par un couple, José et Marie, surnommés Tonton et Tata, qui éduquent depuis de nombreuses années des gamins à problème.

Dans cette petite bande, les petits se mélangent aux plus grands :  les jumeaux Gwen et Gaétan  ; Farah, Sirine et leur frère Kamel ; Dylan, apprenti boucher qui en veut à la terre entière, sa sœur Jessica, la belle Jessica qui va faire chavirer le cœur de Vasco ; et Chloé, tout le contraire de Jessica avec ses airs de garçon manqué.

Dylan et Djib vont vivre le temps d'un été de «ces moments qui forgent» : premier amour, première expérience sexuelle, premières décisions d'adultes...

C'est un roman très émouvant et à la fin de ma lecture, j'avais comme une petite boule au ventre, espérant que chacun et chacune s'en sortiront, qu'ils ne se perdront pas de vue, et qu'ils n'oublieront pas cet été qui a changé leurs belles vies.

Une très jolie découverte !

-> Les belles vies, Benoît Minville, Sarbacane, 15.50€.

-> Site de l'éditeur.

L'eau s'évapore vite sur les corps apaisés.
Repliée sur elle-même, Perrine s'est assise dos à dos avec Dylan et tente d'amener sa respiration à se caler sur la sienne. Vasco regarde le ciel, quelques filaments de nuages ridicules y traînent paresseusement.
- Vous vous rendez compte... Ce ciel-là, on pourrait pas rêver mieux, hein ? Hé ben, même si demain il fait aussi beau, ce sera pas le même. Pas exactement, quoi.
- Qu'est-ce que tu délires, toi ? demande Jessica en lui taxant une clope, sourire aux lèvres. (...)
Il secoue la tête et poursuit :
- Je veux dire... le ciel, en fait, il est jamais identique, vous me suivez ? Donc il faut apprendre à en profiter.
- Sérieux, tu me fais peur, mec ! raille Dylan. Allez, avoue : t'as touché à la gnôle de Tonton ?
- Vous êtes pourris, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
- Moi, je comprends ce qu'il veut dire, déclare Perrine. Vivre les choses intensément, apprécier le moment... C'est ça ?
Djib profite de l'occase :
- Il sait pas lui-même, en fait.
Dans un grand mouvement brusque, Vasco roule sur le côté, montre son majeur à la bande.
- Allez, boude pas ! murmure Jessica en l'embrassant dans le cou sans que Dylan ne le voit.
Et puis, tout le monde se tait.

Extrait page 164.

Publié dans Roulez jeunesse !

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