Toute la beauté du monde n'a pas disparu, Danielle Younge-Ullman

Publié le par Miss Charity

Quand je suis en vacances, je ne peux (presque) pas m'empêcher d'aller acheter un peu de lecture chez mes collègues libraires. Car, quand bien même j'emmène toujours une tonne de livres, j'ai toujours envie d'en avoir un peu plus... J'ai donc musardé dans la jolie librairie La Marge à Ajaccio, et j'ai craqué sur ce livre, attirée par son joli titre et sa toute aussi jolie couverture.

Ingrid doit passer ses vacances dans un trek mode Koh-Lanta en plein cœur d'une nature sauvage et hostile (surtout les moustiques), dans un groupe de jeunes adultes «à problèmes», avec deux accompagnateurs. Ce séjour lui a été imposé par sa mère, une condition obligatoire avant de poursuivre des études à Londres.

Marcher pendant des heures, porter des sacs pesant une tonne, construire une cabane pour dormir, supporter les autres, se supporter soi-même... Le lecteur suit ainsi le quotidien des souffrances d'Ingrid dans un journal qu'elle adresse à sa mère et ce récit est entrecoupé de flash-backs sur son passé, dévoilant peu à peu la série d'événements et de drames qui l'ont amenée à faire ce trek.

C'est un roman d'apprentissage assez convenu dans la trame, avec son lot d'épreuves et de rencontres, mais il est rempli de montagnes russes d'émotions. Il touchera sûrement le lectorat adolescent qui l'aura entre les mains, et le personnage d'Ingrid est vraiment attachant. Ça fera pleurer, mais ça fait du bien !!!

-> Toute la beauté du monde n'a pas disparu, Danielle Younge-Ullman, traduit de l'américain par Laetitia Devaux, Gallimard Scripto, 16.50€, à partir de 13 ans.

-> Site de l'éditeur.

-> Thèmes abordés : récit d'initiation ; passage à l'âge adulte ; deuil.

 

Je regarde quelques instants l'étendue d'eau où se reflète la lune. Oui, c'est beau. Mais cette beauté ne me touche pas, parce que j'ai l'impression qu'on me la fourre de force au fond de la gorge. La magnificence de ce jour qui s'éteint, tout ce que j'en retiens, c'est un sentiment de malaise, et une brèche creusée en moi. Une brèche qui correspond à la douleur sans fond que j'avais pour l'instant réussi à maîtriser grâce à une discipline de fer, mais qui, là, commence à s'ouvrir.
Or je ne peux me permettre de laisser une brèche s'ouvrir en moi.
Ce n'est pas possible.
Je dois commencer par arrêter d'y penser.»

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