Froid comme la mort, Antonio Manzini

Publié le par Miss Charity

Froid comme la mort, Antonio Manzini

Qu'il est pesant d'entretenir des relations humaines. Il faut de l'implication, de l'application, être disponible et sourire à la vie. Des qualités que Rocco Schiavone ne possédait pas.»

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé le vice-préfet Rocco Schiavone dans le deuxième volume de ses aventures après Piste Noire. Un plaisir presque tout aussi intense m'attend aussi lors de la lecture du dernier Craig Johnson, La dent du serpent.

Notre anti-héros est toujours victime de la météo aostienne, il s'entête toujours autant à refuser de porter des chaussures adaptées à la montagne et il est toujours aussi insupportable avec ses collègues du genre humain.

Cette fois-ci, il enquête sur un homicide déguisé en suicide, celui d'Ester Braudo, retrouvée pendue dans son appartement. Je ne vais pas m'appesantir sur le déroulement de l'enquête, avec un Rocco qui sait très bien «sentir» les gens, gratter sous la surface et appuyer là où ça fait mal. 

L'alchimie continue à bien fonctionner car Rocco est un héros comme savent si bien les imaginer les (bons) auteurs de polars, qui devient presque un pote même s'il est antipathique. Autant le shérif Walt Longmire, le héros des romans de Craig Johnson, est humain, sympa et charismatique, autant Rocco suinte le cynisme et la malaimabilité (ce mot existe-t-il vraiment ?), avec sa liste des emmerdements suprêmes qui s'allonge avec celle du premier volume. Et pourtant, et heureusement, l'humain est bien là, surtout dans ses monologues adressées à son épouse disparue.

Donc hâte de lire le troisième opus ! 

-> Froid comme la mort, Antonio Manzini, traduit de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobza, éditions Denoël (grand format) ou Folio Policier (poche).

-> Les aventures (dans l'ordre) de Rocco Schiavone : Piste noire ; Froid comme la mort ; Maudit printemps.

Italo savait que son chef avait catalogué les emmerdes par niveaux. À partir du sixième.
Dans son échelle personnelle de valeurs, au sixième niveau il y avait les enfants qui crient au restaurant, les enfants qui crient dans les piscines, les enfants qui crient dans les magasins, les enfants qui crient en général. Puis les coups de fil qui offrent des contrats impossibles d'électricité-eau-gaz-téléphonie mobile, la couverture qui glisse du matelas et découvre les pieds par une froide nuit d'hiver et les apéros dînatoires. Au septième niveau, il y avait la lenteur du service au restaurant, ceux qui s'y connaissent en vin et le collègue qui avait mangé de l'ail la veille au soir. Au huitième, les spectacles qui duraient plus d'une heure et quart, faire ou recevoir des cadeaux, le vidéo-poker et Radio Maria. Au neuvième niveau figuraient les invitations aux mariages, baptêmes, communions ou simples fêtes. Les maris qui se plaignent de leurs femmes, les femmes qui se plaignent de leurs maris. Et au dixième niveau, sur la plus haute marche du podium des emmerdes, le pire que la vie puisse lui offrir pour lui gâcher sa journée, il y avait le fait d'avoir un homicide sur le dos.»

Extrait pages 51-52

Publié dans Noir c'est noir

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