Shikanoko, Lian Hearn, Gallimard

Publié le par Miss Charity

Shikanoko, Lian Hearn, Gallimard

«Votre vie ne vous appartient pas. Vous mourez à une existence pour renaître à une autre, afin de devenir celui que vous devez être.»

Si vous avez eu autant de plaisir que moi à lire la saga Le Clan des Otori, vous avez dû être ravi de la publication d'une nouvelle série par Lian Hearn, Shikanoko, dont les deux premiers volumes viennent de sortir à quelques mois d'intervalle.

Cette série précède Le Clan des Otori et elle est censée en expliquer «les origines mythiques», mais si vous ne l'avez pas lu, pas de problème car il s'agit de personnages différents. On retrouve par contre les mêmes éléments qui ont fait le succès des Otori, à savoir une histoire ancrée dans un Japon médiéval imaginaire mais très proche de la réalité historique, avec en prime des éléments fantastiques, et très  inspirée de romans historiques cultes de la littérature japonaise.

Le jeune Kazumaru est orphelin et a été adopté par son oncle, qui aimerait voir disparaître ce neveu qui l'empêche de jouir pleinement des terres familiales. Il va tenter de l'assassiner lors d'une partie de chasse, mais le garçon sera sauvé par un cerf. Il se cache alors dans la forêt chez un sorcier qui va lui fabriquer un masque magique en forme de tête de cerf. Kazumaru devient alors Shikanoko, l'Enfant au Cerf. En plus de ses problèmes d'héritage, Shika va aussi être mêlé à une guerre entre deux puissants clans, les Miboshi et les Kakizuki. Ces derniers soutiennent l'empereur et son fils aîné comme héritier mais les Miboshi complotent pour mettre sur le trône le fils cadet.

Voilà, en gros, le résumé de ce premier tome et je ne dirai rien du deuxième pour ne pas vous révéler l'évolution de l'histoire. En tout cas, le plaisir de lecture est continu avec une intrigue pleine de rebondissements et de très nombreux personnages - ce qui demande un petit temps d'adaptation pour se souvenir des liens familiaux ou de vassalité qui unit les différents protagonistes. 

Si vous avez envie d'une lecture «détente», pour adulte ou adolescent, ou si vous aimez la culture japonaise, vous allez vous régaler avec cette saga, et vous ne serez pas obligé d'attendre une éternité pour la lire intégralement. Le tome 3, L'Empereur Invisible, sortira en août et le tome 4 avant la fin 2017.

-> Shikanoko, tome 1 : L'Enfant au Cerf, et tome 2 : La Princesse de l'Automne, Lian Hearn, traduit de l'anglais par Philippe Giraudon, Gallimard, 14.90€.

-> Site de l'éditeur.

 

Dans la journée, il restait étendu, incapable de bouger, à observer Shisoku qui peignait le maque en recourant à plusieurs couches de laque et aux fluides rouges et blanchâtres produits par les amants. Pour sécher les couches, le sorcier les passait à travers de la fumée d'encens en psalmodiant à chaque fois des incantations différentes. Il confectionna des lèvres et une langue avec du cuir peint au cinabre, creusa des cavités pour les yeux et les ourla de cils noirs formés de cheveux de la femme. Il polit les bois jusqu'à ce qu'ils brillent comme de l'obsidienne. La pleine lune s'épanouit, puis l'astre sombra dans le néant. Quand il atteignit son premier quartier, le masque était terminé.
Shisoku l'appliqua sur le visage de Kazumaru. Il s'ajustait à ses traits comme un gant à une main. Kazumaru sentit déferler en lui la force du cerf et toute l'antique sagesse de la forêt.

Extrait pages 38-39 du tome 1

Shikanoko, Lian Hearn, Gallimard

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