Prendre les loups pour des chiens, Hervé Le Corre, Rivages Noir

Publié le par Miss Charity

Prendre les loups pour des chiens, Hervé Le Corre, Rivages Noir

«Le temps ne passe pas. Il stagne comme l'air brûlant, comme les eaux croupies qui remplissent les fossés et les mares autour d'eux. La vie en panne. Leurs corps cloués par la fatigue.»

Après plusieurs années passées en cabane, pour un braquage commis avec son frère Fabien, Franck sort de taule. Il est le seul à avoir été arrêté mais il n'a jamais dénoncé son frangin. À sa sortie, il est hébergé par les parents de Jessica, la copine de son frère.

Dès le départ, on sent que toute cette histoire va partir en sucette tant est bizarre cette famille avec laquelle Franck doit cohabiter : le père qui magouille, la mère qui le met mal à l'aise, Jessica qui s'avère être une junkie et sa fille, Rachel, qui ne parle pas. Et son frère, absent, parti pour régler des «affaires» en Espagne... Et il y a cette chaleur étouffante qui ne finit jamais, et qui envahit l'écriture, une écriture au cordeau, affûtée comme une lame sur laquelle il ne fait pas bon traîner les doigts.

Honte à moi, je n'avais pas lu Hervé Le Corre depuis la parution de son premier roman, L'Homme aux lèvres de saphir, un roman que j'avais adoré et qui fait partie de ma liste des meilleurs romans policiers français de ces dernières années. Je retrouve donc Hervé Le Corre dans une veine noire, et même très noire, et cela lui va bien car il sait utiliser les codes du genre tout en les mettant à sa sauce pour mener le lecteur par le bout du nez. Bienvenue dans l'ultra-noir !

-> Prendre les loups pour des chiens, Hervé Le Corre, Rivages Noir, 19.90€.

-> Site de l'éditeur.

Un piège vers lequel tu te précipites en pressentant le piège. Ou un poison délicieux qui fait effet lentement en t'accrochant comme une drogue. Une fleur toxique. Un fauve doux capable de te dépecer à tout moment. Et au milieu, cette gamine quasi muette qui jouait seule et ne pleurait presque jamais même au comble de son chagrin. Même depuis le massacre. Elle ne dit rien, se contente d'être triste et de t'observer à la dérobée ou de poser sur toi un regard songeur, et tu te sens soupesé et jugé par ces grands yeux noirs toujours déçus par la bêtise et la méchanceté des adultes.»

Publié dans Noir c'est noir