La cucina d'Inès, Philippe Fusaro, La Fosse aux Ours

Publié le par Miss Charity

La cucina d'Inès, Philippe Fusaro, La Fosse aux Ours

J'ai pris sept kilos, cette année-là, et je n'ai jamais su comment dire non quand surgissait l'énième plat, ni comment j'ai pu survivre à certains repas parce que refuser de manger aurait été une offense.»

Alors que je mangeais un plat réchauffé au micro-onde sur un coin de table pendant ma pause déjeuner, je me suis consolée les papilles en lisant en même temps le dernier livre de Philippe Fusaro, La cucina d'Ines. Il ne s'agit pas seulement d'un livre de cuisine, c'est aussi un livre de souvenirs, avec, petite cerise sur le gâteau, des illustrations magiquement naïves d'Albertine (si vous ne connaissez pas les illustrations d'Albertine, précipitez-vous vite sur l'album Mon tout petit, primé à Bologne en 2016, et commis avec son compère Germano Zullo : c'est un petit bijou !).

Eh bien, le livre de Philippe Fusaro a illuminé mon déjeuner ! 

L'auteur y raconte son année passée à Lecce, dans les Pouilles au sud de l'Italie, une sorte de retraite pour prendre du recul après une rupture amoureuse. Philippe Fusaro est d'origine italienne, et il a été tout petit initié aux plaisirs de la cuisine de son pays, notamment via sa grand-mère paternelle, surnommé la Nonna. À Lecce, il va faire connaissance d'une autre vieille dame, sa voisine Ines, qui va devenir en quelque sorte sa deuxième Nonna, depuis disparue. 

Ensemble, pendant toute une année, ils vont cuisiner. Philippe Fusaro va ainsi retrouver le plaisir et le savoir faire perdus de certaines recettes de sa Nonna, et apprendre d'autres spécialités d'Ines. Les recettes sont décrites en deuxième partie d'ouvrage, écrites et décrites comme si vous cuisiniez avec Philippe et Ines.

À vous de voir si vous avez envie de vous frotter à la cuisine des Pouilles. En tout cas, les recettes sont plutôt simples et elles font saliver d'avance. Pour ma part, je crois que je vais tenter les Pasta coi peperoni (pâtes accompagnées de poivrons rouges et/ou jaunes) et les Parmigiana di melanzane (gratin à base de beignets d'aubergines).

Le texte est plein de tendresse, beau et généreux à l'image de la cuisine italienne, c'est un bel hommage aux souvenirs d'enfance, qui vous fera peut-être penser à vos propres madeleines de Proust culinaires, même s'il ne s'agit pas de cuisine italienne (pour moi, ce sont les endives au jambon de ma maman !).

-> La cucina d'Ines, Philippe Fusaro, La Fosse aux ours, 15€.

-> Site de l'éditeur.

Au début, Ines ne voulait pas croire qu'un homme seul soit capable de préparer à manger. Qui plus est un étranger.
Il fallut que je lui explique dans les détails comment je cuisinais tel plat et avec quoi, de l'oignon plutôt que de l'ail, telle sorte de pâtes plutôt que telle autre, et je devais lui dire chez qui j'achetais les fruits et les légumes, le pain. J'écoutais ses recommandations. Son sourcil suspicieux se détendit au fil des jours.»

La cucina d'Inès, Philippe Fusaro, La Fosse aux Ours
La cucina d'Inès, Philippe Fusaro, La Fosse aux Ours
La cucina d'Inès, Philippe Fusaro, La Fosse aux Ours