L'homme et le bois, Lars Mytting, éditions Gaïa

Publié le par Miss Charity

L'homme et le bois, Lars Mytting, éditions Gaïa

«Chaque homme regarde sa pile de bois avec une sorte d'affection

Et c'est Thoreau qui le dit ! Derrière cet ouvrage au titre pas très féministe - mais il faut bien l'avouer, c'est plutôt mon mec qui range et coupe les bûches - se cache un ouvrage qui s'adresse aussi à toi la femme, surtout si tu te chauffes au bois. Et aussi aux autres, ceux et celles qui ne connaissent pas les plaisirs du chauffage au bois, car ce livre est tout simplement passionnant

Dans ce livre, scandinave bien évidemment, devenu un best-seller dans les contrées nordiques, tout, vous saurez tout sur le bois : l'histoire de l'utilisation du bois comme énergie de chauffage, les différentes essences, les outils pour abattre les arbres, les techniques de fendage (une véritable thérapie), l'art de la pile (oui, oui, il y a une esthétique de la pile de bois), les méthodes de séchage, les types de poêles, pour finir par les techniques pour faire un feu. Tout, je vous dis, vous saurez tout sur cette énergie verte par excellence !  Avec, en prime, quelques témoignages de «gens du bois», et des choses rigolotes comme votre profil psychologique selon votre manière de ranger le bois.

L'homme et le bois, Lars Mytting, éditions Gaïa

L'exemplaire que je me suis procurée était garni d'un bandeau où était écrit une citation du Masque et la Plume sur France Inter : «Absolument prodigieux et magnifiquement écrit.» C'est le problème des bandeaux, toujours dans l'emphase. Je ne serai pas aussi dithyrambique, mais dès que vous mettez le nez dans ce bouquin, vous apprenez des tonnes de choses. Par exemple, la consommation en calories d'un bûcheron, avant l'ère des tronçonneuses, était de 9300 calories par jour (!). On est bien loin des 2000 préconisées, et plus près des 12000 exigées pour une expédition polaire... Actuellement, un bûcheron peut encore consommer jusqu'à 6000 calories par journée de travail. Ça ne rigole pas.

Outre son aspect synthétique et pratique, ce bel ouvrage est un véritable hymne à l'amour du bois, au plaisir et même au bien-être que procure un bon feu, comme une réminiscence du lien étroit que l'homme a entretenu avec la nature, un rappel de cet instinct profond et enfoui (comme la peur du loup, mais ça c'est moins fun) éprouvé au contact de la chaleur du feu.

Foi de libraire, ce livre va devenir un classique. Bon, il ne me reste plus qu'à lire cet autre livre qui vient de paraître aux Arènes, et qui a l'air vachement bien : La vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben.

-> L'homme et le bois - Les secrets de la méthode scandinave, Lars Mytting, traduit du norvégien par Alexis Fouillet, éditions Gaïa, 24€.

-> Site de l'éditeur.

Une chaleur vivante procure une expérience plus riche. (...) Sur le plan scientifique, il n'y a pas de distinction reconnue entre la chaleur produite par l'énergie électrique et celle de la combustion au bois, mais le corps réagit différemment à la chaleur plus intense d'un poêle à bois, surtout parce que les foyers modernes à portes vitrées délivrent une chaleur rayonnante électromagnétique. Un radiateur ou une pompe à chaleur électriques classiques ne font que réchauffer l'air dans une pièce, mais les flammes et les braises dégagent des rayonnements infrarouges ayant les mêmes caractéristiques que les rayons du soleil. La chaleur naît dans la peau et le corps quand les rayons l'atteignent, avec une intensité qui provoque une sensation de sécurité et de bien-être. Le climat intérieur est aussi différent. La consommation d'oxygène provoque une certaine circulation de l'air et le poêle absorbe une partie de la poussière. En association avec le parfum du bois et d'un peu de fumée, avec la vue sans cesse changeante des flammes, l'ensemble contribue à nous rattacher à la magie originelle du feu de bois. (...)
On ne parle pas que de confort, il semble que cet attachement à la plus vieille énergie qu'ait connue l'humanité soit profondément ancré en nous - en particularité sous la forme de cet instinct de sécurité qu'elle apporte.(...)
Car le chauffage au bois met les gens en contact avec leur environnement météorologique. C'est vous le thermostat - le chaînon entre les degrés négatifs au-dehors et les degrés positifs à l'intérieur, tout comme la bûche est le lien entre la forêt et la maison. Le responsable du chauffage doit sortir chercher du bois dans la pile et revenir, affronter le froid. Le froid mord, mais on peut y remédier. Pendant un court instant, on se frotte aux nécessités nues de la vie et on peut ressentir brièvement la satisfaction profonde éprouvée par les hommes des cavernes.»

Extrait pages 26-27

Quand je vous dis qu'il y a un art de la pile de bois !Quand je vous dis qu'il y a un art de la pile de bois !
Quand je vous dis qu'il y a un art de la pile de bois !

Quand je vous dis qu'il y a un art de la pile de bois !