Lucky Losers, Laurent Malot, éditions Albin Michel Jeunesse

Publié le par Miss Charity

Lucky Losers, Laurent Malot, éditions Albin Michel Jeunesse

«Les élèves retourneront en classe quand le monde sera redevenu juste.»

Sean a quitté Londres pour Douarnenez à la suite de la séparation de ses parents. Il vit avec son père, et c'est pas la joie. Lorsque son lycée doit accueillir les élèves du lycée privé Balzac qui a pris feu, il commence à y avoir de l'électricité dans l'air !  La cohabitation entre les fils de bourges et les fils de prolos se passe mal, d'autant plus que certaines entreprises et usines de la ville annoncent des plans sociaux. Suite à une énième provocation d'élèves de Balzac qui ont pris notre héros en grippe, Sean les prend au mot et leur lance le défi de les battre sur «leur territoire», via un tournoi de natation, d'aviron et d'équitation. Les perdants auront un gage.

Sans le savoir, Sean et ses trois potes Rémy, Antoine et Kévin, vont devenir malgré eux les symboles de la résistance au libéralisme, des petits contre les gros. Mais la tâche s'avérera d'autant plus difficile que Sean est tombé sous le charme de la fille d'un des grands patrons de la ville, Camille d'Arincourt.

Un peu de veine sociale dans un roman pour ados, ça change de la dystopie ! Certes, la trame de l'histoire - gentils prolos contre méchants bourgeois - est un poil réductrice et caricaturale, mais des fois, ça fait du bien de lire une histoire qui finit bien, où des crétins imbus de leur privilèges se font ridiculiser. Même Ken Loach s'est aventuré dans la comédie sociale qui finit bien avec ses films Looking for Eric ou La part des Anges

Ensuite, il faut retourner dans la vrai vie, mais la littérature, ça sert aussi à ça : s'évader et croire que les choses peuvent changer. Et parfois, elles changent.

-> Lucky losers, Laurent Malot, Albin Michel Jeunesse, 13.50€, à partir de 12-13 ans.

-> Site de l'éditeur.

La Terre s'est arrêtée de tourner à l'instant où elle a descendu les marches de la cour, Scarlett Johansson et Jessica Alba pouvaient se rhabiller. Kévin et Rémy étaient en train de parler d'une série télé, leurs voix et leur enveloppe charnelle se sont perdues dans un silence cosmique, il n'y avait plus qu'elle, tout en blondeur, en peau laiteuse et en regard azur, une déesse descendue du ciel, la femme de ma vie, au moins celle qui devait la bouleverser.
- Laisse tomber, c'est pas pour toi.
Ils m'ont certifié l'avoir répété quatre ou cinq fois avant que je l'entende.
- Laisse tomber, c'est la banquise, cette fille, et toi, t'es un rafiot qui va se faire broyer si tu t'approches trop près !
J'aimais bien les métaphores de Kévin, mais celle-ci me faisait mal pour deux raisons : la première, c'est qu'en tant qu'ami il aurait pu m'encourager plutôt que m'enfoncer. La seconde, que j'ai ignorée malgré l'évidence, me rappelait qu'on ne mélange pas les serviettes avec les torchons, Camille étant le must de la serviette, Versace Home pour palace et hôtels grand luxe, tandis que j'étais le torchon le plus basique, un euro quatre-vingts le lot de trois chez Auchan. Il avait sans doute raison, mais c'était trop tard, j'étais amoureux, gonflé à bloc, insouciant, à la fois Julien Sorel, Cyrano et Lorenzaccio. Si je devais un jour faire l'amour, ce serait avec elle.»

Extrait page 18

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