L'amour, le Japon, les sushis et moi ; N. M. Zimmermann, Albin Michel Jeunesse

Publié le par Miss Charity

L'amour, le Japon, les sushis et moi ; N. M. Zimmermann, Albin Michel Jeunesse

"On ne s'intègre jamais à la société japonaise. Vous pourriez y passer vingt ans que vous seriez toujours des étrangères à ses yeux."

Lucrèce a quinze ans. Sa mère décide de partir au Japon pour son travail. Et c'est ainsi que Lucrèce raconte sa nouvelle vie d'étrangère au pays du Soleil-Levant, dans un petit appartement à Nagoya, avec sa mère et son petit frère Maximilien.

Le Japon est un pays fascinant à plus d'un titre et ce livre permet de le découvrir à travers le récit de Lucrèce qui raconte son quotidien : les fêtes traditionnelles qui jalonnent l'année (comme la fête des poupées ou hinamatsuri, la fête de l'enterrement des aiguilles ou harikuyo, ou la plus célèbre golden week...), l'inscription au lycée, l'uniforme (moche) qu'elle doit porter, une vie sociale centrée sur le travail commun, comme dans une fourmilière dans laquelle l'individu est une notion secondaire. Et même si Lucrèce maîtrise plutôt bien la langue japonaise, chose assez surprenante pour une gaijin, et que ce voyage peut représenter le kif ultime pour une ado, elle parle beaucoup de sa difficulté à s'intégrer à une autre culture, encore plus quand il s'agit de la culture japonaise, un sentiment qu'a sûrement connu l'auteur du livre, qui a vécu elle-même plusieurs années au Japon.

"J'avais le sentiment d'être un morceau de bois mort luttant sans cesse pour remonter une rivière à contre-courant et je me mordais la langue vingt fois par jour pour éviter de laisser échapper des propos mal venus. Avant de vivre au Japon, je ne m'étais pas rendu compte à quel point les Français disent ce qu'ils pensent. Un ou deux silences gênants m'avaient appris que, dans ce pays, critiquer la nourriture du restaurant où l'on mange ou parler de l'actualité nucléaire n'est pas la meilleure des idées."

Dans son lycée, Lucrèce doit s'inscrire à un club. Les clubs regroupent des élèves autour d'une activité sportive ou artistique. Elle découvre alors le "Club des amateurs de sushis", un étrange club où les élèves ne sont absolument réunis pour l'amour de gastronomie nippone. Elle va ainsi rencontrer un garçon, Ryu, et comme elle met souvent les pieds dans le plat, elle va se retrouver embarquée dans une drôle d'histoire...

Apprentissage d'une nouvelle culture, mais aussi apprentissage de l'amour et de l'amitié, ce roman dépaysant est idéal pour les ados "japan-addict".

-> L'amour, le Japon, les sushis et moi, N. M. Zimmermann, Albin Michel Jeunesse, 15.90€.

-> Site de l'éditeur.

-> Thèmes abordés : Japon, premier amour, vivre dans un pays étranger, culture japonaise.

Je m'appelle Lucrèce Shikibu Legrand, grande sœur de Maximilien Ieyasu Legrand. Maman a laissé papa choisir nos premiers prénoms parce que, selon elle, des noms japonais auraient été mal prononcés en France et que ça aurait été ridicule.
Parfois, je me demande si les universitaires ont la même conception du ridicule que le reste du monde. Maximilien ne se plaint pas de son prénom, mais je crois qu'il est encore trop jeune pour se rendre compte du désastre.
Moi-même, je n'ai pris conscience de l'ampleur de la catastrophe qu'en remplissant les étiquettes de mes valises juste avant notre départ pour le pays du Soleil-Levant.
Parce que vraiment, Lucrèce n'a rien de simple à prononcer pour un Japonais.Avec les syllabes japonaises, mon prénom se dit "Loukourèèssou" - et si je n'ai jamais été clairement enthousiaste à son sujet, là, on atteint clairement un tout nouveau niveau d'horreur. Maximilien n'est pas mieux loti que moi. Quand on l'appelle en japonais, ça donne "Makoushimirian".

Extrait page 17

Publié dans Roulez jeunesse !