Les fiancés de l'hiver, Christelle Dabos, Gallimard

Publié le par Miss Charity

Les fiancés de l'hiver, Christelle Dabos, Gallimard

"Passer les miroirs, ça demande de s'affronter soi-même."

J'ai un train de retard pour vous présenter ce premier volume de la saga de La Passe-Miroir, Les Fiancés de l'Hiver, car j'ai attendu sa sortie en poche pour me faire une idée sur ce roman, dont je n'avais entendu que du bien. Après le succès des ventes des deux premiers volumes (le deuxième, Les Disparus du Clairdelune, est sorti fin 2015 et l'auteur prévoit d'écrire deux autres livres), les éditions Gallimard ont sorti deux versions poches, une en Folio, pour les adultes, les vrais (ou pour ceux qui ont honte de lire des "livres pour la jeunesse" - en même temps, je l'ai lu en folio... - ) et en Pôle Fiction, pour les ados, les vrais.

Et je dois bien l'avouer, ce premier volume est un véritable page turner (désolée pour ce vilain mot) !

Imaginez un monde peuplé de différentes "arches", des morceaux de terres dispersés et flottant dans un vaste espace, suite à un cataclysme, appelé la Déchirure. Chaque arche a son climat, ses moeurs et a été créée par des esprits, immortels, qui ont peuplé de leur descendance ces petits bouts de monde, tels des Noé éparpillés.

L'héroïne du roman, Ophélie, vit sur Anima. Les animistes ont le pouvoir de faire bouger et de faire vivre les objets. Ophélie se balade à longueur de temps avec une écharpe vivante et ses lunettes reflètent ses humeurs. En touchant les objets, elle peut connaître leur histoire et celle de leurs différents propriétaires, mais surtout, elle peut passer à travers les miroirs. Cette jeune personne est assez solitaire mais elle possède un caractère bien trempé et une indépendance d'esprit assez remarquable.

"Si elle tenait parfois de l'adolescente mal grandie, avec ses longs cheveux indomptés, ses mouvements gauches et sa timidité tapie derrière ses lunettes, Ophélie se coulait dans une autre peau en présence de l'histoire. Toutes ses cousines prisaient les jolis salons de thé, les promenades au bord du fleuve, les visites au zoo et les salles de bal. Pour Ophélie, le deuxième sous-sol des Archives était le lieu le plus fascinant du monde. C'est là qu'était jalousement conservé, bien à l'abri sous des cloches de protection, l'héritage commun de toute la famille. Ici reposaient les documents de la toute première génération de l'arche. Ici avaient échoué les lendemains de l'an zéro. Ici Ophélie s'approchait au plus près de la Déchirure."

Malheureusement, sa famille a décidé de la marier, un mariage de convenance, à un individu venant d'une arche appelée le Pôle, un monde glacial comme son nom l'indique, centré autour d'une immense forteresse, la Citacielle, au sommet duquel vit Farouk, l'esprit du Pôle.

En plus de l'animosité de Thorn, son futur promis et Intendant de Farouk, Ophélie va découvrir un monde fait de convenances, d'hypocrisies, où les courtisans sont prêts à tout, même au meurtre, pour s'attirer les faveurs de Farouk. Elle va aller de suprises en déconvenues, échapper à de nombreux pièges pour découvrir la vraie raison de ce mariage, qui concerne les Livres que possède chaque esprit de famille...

Christelle Dabos a réussi à créer un univers à part entière, très "steampunk" pour ses références au XIXème siècle et son côté fantastique. Un univers, où le livre est la clef de tout, et cela ne peut que plaire à une librocubicuraliste invétérée comme moi.

Les fiancés de l'hiver est un récit foisonnant, jouissif, bourré d'imagination : bref, UN RÉGAL, qui vous fera voyager loin, très loin !!!

Got damned, je vais devoir lire la suite, et vite, en espérant que l'auteur arrivera à maintenir le même niveau d'excellence que dans le premier volume.

-> Les fiancés de l'hiver, Christelle Dabos, éditions Gallimard (Folio et Pôle Fiction), 8.65€ ou 8.70€ (Pourquoi 5 centimes de différence entre les deux poches ?Mystère...), à partir de 12 ans.

-> Site de l'éditeur, Site La Passe-Miroir, y a même une page FB : elle est pas belle la life ?!?

Toutefois, rien ne la fascina davantage que le planisphère central, qui donnait une vision générale du Noyau du monde et de l'orbite fixe des arches autour de lui. Le Noyau du monde était le plus gros vestige de la Terre originelle : ce n'était qu'un amas de volcans, continuellement frappés par la foudre, définitivement inhabitable. Il était enveloppé par la mer des Nuages, une masse compacte de vapeur que le soleil ne pénétrait jamais, mais la carte ne la représentait pas pour des raisons de lisibilité. En revanche, elle retraçait les couloirs des vents qui permettaient aux dirigeables de circuler aisément d'une arche à l'autre.
Ophélie ferma les yeux et essaya de se représenter cette carte en relief, telle qu'on pourrait l'observer de la Lune. Des éclats de cailloux suspendus au-dessus d'un grand, d'un immense orage perpétuel... Quand on y songeait, ce nouveau monde était un vrai miracle.

Extrait pages 103-104

Publié dans Roulez jeunesse !