Les Communardes, Lupano & Cie.

Publié le par Miss Charity

Les Communardes, Lupano & Cie.

En ces temps troublés, où règnent répression policière et ois mortifère, rien de tel que de revenir aux fon-da-men-taux !

Les Communardes sont un beau projet signé Lupano, scénariste de cette série qui comprend pour l'instant trois albums, indépendants les uns des autres, et dessinés à chaque fois par un illustrateur différent. Les éléphants rouges et L'aristocrate fantôme ont été publiés simultanément fin 2015, Nous ne dirons rien de leurs femelles vient de paraître en février. Chaque album met en scène un personnage féminin, imaginaire ou ayant réellement existé, avec comme toile de fond la Commune de Paris.

Les éléphants rouges se passent en hiver 1870. La Commune n'a pas encore éclaté. Paris est assiégée par les Prussiens, c'est la famine pour la population, enfin pour une certaine partie seulement... Victorine, onze ans, adore aller au Jardin des Plantes pour s'occuper de deux éléphants, Castor et Pollux. Comme c'est la famine, elle sait que les deux pachydermes sont en danger, mais elle a un plan pour sauver Paris grâce aux deux animaux...

L'aristocrate fantôme, c'est Elisabeth Dmitrieff. Issue de la noblesse russe, elle est envoyé par Karl Marx himself pour voir comment se passe le mouvement insurrectionnel parisien. Elle fut la présidente de la première organisation européenne ouvertement féministe, l'Union des femmes pour la défense de Paris.

"Louis Michel est trop laide pour se rallier les hommes et Eliza est trop belle pour rallier les femmes."

Eliza est une vraie tempête en plus d'être d'une beauté ensorcelante. Certains n'apprécient guère ses opinions féministes et d'autres voient d'un mauvais oeil son envie d'alpaguer l'émissaire diplomatique envoyé par Thiers toutes les semaines à la Banque de France, cette même banque qui prêtera quelques neuf millions à la Commune... et plus de 300 millions au gouvernement versaillais... Eliza sait que la Commune a besoin de fusils et d'argent et aussi de bras supplémentaires sur les barricades mais on refuse que les femmes combattent.

Les Communardes, Lupano & Cie.

Le titre Nous ne dirons rien de leurs femelles... est une citation d'un chroniqueur versaillais à propos des communardes. Cet album se passe en 1871. Simple servante, Marie aime beaucoup la fille de ses maîtres, Eugénie. Cette dernière lit beaucoup de littérature "libertaire" et elle va tomber enceinte d'un pauvre libraire sans le sou (pléonasme).Ses parents préfèrent alors l'enfermer au couvent plutôt que de supporter le déshonneur. Ce n'est que le début d'une tragédie qui va révolter Marie, que l'on retrouve un peu plus tard sur les barricades et jusqu'aux arrestations et jugements expéditifs des communards, quand ils échappaient aux fusillades...

"L'armée, en fusillant sur le théâtre même de leurs exploits les pétroleurs et leurs pétroleuses, a sans doute délivré l'humanité d'une race infâùe, mais elle nous a privés de constatations judiciaires."

Même si Lupano se défend d'avoir fait oeuvre d'historien, cette série permet une bonne entrée en matière sur la Commune. En mettant en lumière le rôle des femmes durant cette période, il montre aussi des premiers élans féministes, vite étouffés par les hommes, qu'ils soient dans le camp des communards ou des vainqueurs. Et elles devront attendre la fin de la première guerre mondiale pour espérer acquérir quelques libertés politiques...

Le mot de la fin : VIVE LA RÉVOLUTION !!!

-> Série Les Communardes, éditions vents d'Ouest : Les éléphants rouges (Lupano et Mazel) ; L'aristocrate fantôme (Lupano et Jean) ; Nous ne dirons rien de leurs femelles (Lupano et Fourquemin). prix du volume : 14.50€.

-> Site de l'éditeur.

-> Wilfrid Lupano explique le projet.

Les Communardes, Lupano & Cie.

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