Le nom de la rose, Umberto Eco

Publié le par Miss Charity

Le nom de la rose, Umberto Eco

"Il fait froid dans le scriptorium, j'ai mal au pouce. Je laisse cet écrit, je ne sais pour qui, je ne sais plus à propos de quoi : stat rosa pristina nomine, nomina nuda tenemus."

J'avais prévu d'écrire un article sur Le nom de la rose un peu plus tard, mais la triste actualité m'en a fait avancer la date, en guise d'hommage au Maître Umberto Eco.

Et c'est par les mots de la fin du livre que je souhaite commencer, car cette phrase m'a longtemps taraudée, ne sachant pas la traduire, malgré mes quatre années d'études du latin, laissées aux oubliettes (honte à moi )...

Quand j'ai lu ce livre, il y a fort longtemps, je n'avais pas encore internet (eh oui je suis de cette génération qui a été privée d'internet dans sa jeunesse). Mais maintenant j'ai pu avoir une réponse à l'énigme. Umberto Eco a détourné une citation de Bernard de Clairvaux, qui parlait de Rome et de sa fondation. La phrase est devenue : "La rose des origines d'existe plus que par son nom, et nous n'en conservons plus que des noms vides", une référence à la jeune fille aimée par Adso de Melk, l'assistant de Guillaume de Baskerville, et peut-être aussi à la jeunesse perdue...

Beaucoup connaissent le film inspiré du livre, réalisé par Jean-Jacques Annaud, avec Sean tenant le rôle de l'enquêteur (oui, j'appelle Sean Connery par son prénom. Pareil pour Georges, Brad, Robert et Paul). On pourrait alors être tenté de ne pas lire le livre, ayant vu le film, qui est par alleurs une très bonne adaptation, même si sa fin diffère du roman. J'ai lu plusieurs fois le livre, j'ai vu maintes fois le film, dont une fois lors d'une projection dans les ruines de l'abbaye de Jumièges (un instant magique). Mais cela serait passer à côté de l'érudition extraordinaire de l'auteur. Plusieurs lectures du livre sont possibles. Le nom de la rose n'est pas qu'une simple enquête policière. C'est aussi un compte rendu érudit d'une période du Moyen Âge où les "sectes" religieuses étaient nombreuses, en opposition à la religion catholique et à ses débordements somptuaires. Lire Le nom de la rose, c'est aussi lire un essai historique, mais loin d'être rebutant, qui nous plonge dans un Moyen Âge non fantasmé, car Umberto Eco était un véritable spécialiste de cette période.

Et si le cœur vous en dit, lisez aussi Le Pendule de Foucault, une folie ésotérique et policière qui mélange les Templiers, la science, la franc-maçonnerie, la Kabbale, les nazis, l'histoire mais avec une telle intelligence que c'est un régal de lecture. Les écrits d'Umberto Eco  sont la preuve que le savoir est  aussi un plaisir.

-> Le nom de la rose, Umberto Eco, éditions Grasset et Livre de Poche.

-> Site de l'éditeur.

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