Les enfants de l'eau noire, J. R. Lansdale, Denoël

Publié le par Miss Charity

"Aucun d'entre nous n'étaient heureux dans l'East Texas. On n'avait qu'une envie, foutre le camp d'ici, mais on avait l'impression d'être enracinés comme des arbres."

Je trépigne toujours quand sort un livre de Joe Lansdale, surtout quand il s'agit d'un nouvel opus de sa série avec Léonard Pine et Hap Collins. Ce n'est pas le cas ici, mais cela reste du grand Lansdale. 

Les enfants de l'eau noire ressemble beaucoup à un autre des ses livres, Les marécages (parmi ses meilleurs romans !), qui se passe également au Texas dans les années trente. Il met en scène une bande d'adolescents, Sue Ellen, la narratrice, et ses amis, Jinx et Terry. On vient de repêcher le corps de leur amie May Linn dans la Sabine, une rivière qui serpente dans une région marécageuse. May Linn était un beau brin de fille, qui rêvait de s'échapper du cloaque où elle vivait pour devenir actrice à Hollywood. Ses amis sont persuadés qu'elle a été tuée, et ils vont décider de récupérer son corps pour l'incinérer afin de répandre ces cendres sur la mythique colline. Après avoir découvert le butin d'un hold up, les voilà partis sur un radeau, pourchassés par un flic véreux et ses accolytes, ainsi que par un mystérieux tueur, Skunk.

"Ce type est comme la canicule, le vent, la pluie ou la terre..."

Skunk, c'est pour moi un mélange entre Candy Man et Joe l'Indien. Tout le monde connaît Skunk, pas mal d'histoires effroyables existent sur ce personnage, mais certains disent que ce tueur sanguinaire n'est qu'une légende... En tout cas, Sue Ellen et ses amis vont être confrontés à cette légende, qui pourrait faire partie d'un casting digne de Tarantino, et cela leur procurera quelques frayeurs, ainsi qu'au lecteur (du moins s'il est aussi impressionnable que moi...). L'atmosphère du livre n'est pas sans rappeler celle du film La nuit du chasseur. Les héros vont même croiser sur leur route un prédicateur, qui heureusement n'a rien à voir avec Harry Powell.

Cette course-poursuite aux multiples rebondissements s'avérera être le chemin de la liberté pour ces gamins envers qui la vie n'a pas beaucoup souri et Joe Lansdale signe (encore) un grand roman.

-> Les enfants de l'eau noire, Joe R. Lansdale, traduit de l'américain par Bernard Blanc, éditions Denoël, 21.90€.

-> Site de l'éditeur.

Les enfants de l'eau noire, J. R. Lansdale, Denoël

- Bien sûr que Skunk existe vraiment ! C'est un vieux Noir, très grand, plus rouge que noir, avec une grosse touffe de cheveux roux en broussailles ; à ce qu'on dit, il y a accroché le cadavre desséché d'un rouge-gorge bleu. Ses yeux noirs sont aussi morts et inexpressifs que les boutons d'un manteau. On raconte qu'il est capable de se déplacer aussi silencieusement qu'une brise et de passer des jours entiers sans dormir. Il peut vivre des semaines en buvant l'eau des marais et en mangeant des racines. Et comme les seuls bains qu'il prend, c'est quand il tombe dans le fleuve ou qu'il se retrouve saucé par la pluie, il pue comme un putois et on le repère de loin rien qu'à l'odeur."

Publié dans Noir c'est noir

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :