Piste noire, Antonio Manzini, Denoël

Publié le par Miss Charity

Cool, un nouveau héros débarque sur la scène italienne ! Il s'appelle Rocco Schiavone, il est macho, irrascible, caustique et il ne supporte pas d'avoir été muté de sa ville adorée de Rome à Champoluc, un trou paumé dans le val d'Aoste, en pleine montagne.

Citadin invétéré, il n'arrive pas à se séparer de sa paire de Clarks, même si elles sont totalement inadaptées à la neige et au froid. Et il déteste ses collègues de travail, qu'il considère comme de pauvres ploucs de province.

Manque de bol, on retrouve la cadavre d'un homme sur une piste de ski, découvert après le passage d'une dameuse, et donc quelque peu "endommagé". L'hypothèse de l'accident est vite écarté quand le médecin légiste retrouve un foulard enfoncé dans la gorge de la victime, un certain Leone Miccichè. 

Assisté d'Italo Pierron, un jeune policier qui admire son nouveau patron venu de la capitale, Rocco poursuit son enquête, qui va un peu amoindrir son désamour de la province.

Rien de nouveau sous le soleil, Antonio Manzini ne révolutionne pas le genre policier, certes, mais son héros est extrêmement attachant tant il est insupportable et rien que pour ça, j'attends avec impatience une nouvelle enquête dans le val d'Aoste !

-> Piste noire, Antonio Manzini, traduit de l'italien par Samuel Sfez, éditions Denoël, 20,50€.

-> Site de l'éditeur.

Rocco Schiavone avait une échelle très personnelle pour évaluer les emmerdements que la vie lui apportait chaque jour. L'échelle commençait au niveau six, c'est-à-dire tout ce qui concernait les tâches domestiques. Les courses, les plombiers, le loyer. Au septième on trouvait les centres commerciaux, la banque, la poste, les laboratoires d'analyse, les médecins en général et les dentistes en particulier, les dîners avec les collègues ou la famille, qui Dieu merci s'en restait à Rome. Au niveau huit venait en premier chef prendre la parole en public, puis les démarches administratives au bureau, le théâtre, les rapports aux préfets et aux magistrats. Au neuf le tabac fermé, les bars sans glaces Algida, rencontrer quelqu'un qui lui tenait la jambe, et surtout les planques avec des agents qui ne se lavaient pas. Enfin, il y avait le dernier degré de l'échelle. Le nec plus ultra, la mère de tous les emmerdements : une affaire qu'on lui mettait sur le dos.

Extrait page 17

Piste noire, Antonio Manzini, Denoël

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