Poésie du gérondif, Jean-Pierre Minaudier, Le Tripode

Publié le par Miss Charity

Poésie du gérondif, Jean-Pierre Minaudier, Le Tripode

Poésie du Gérondif vient de paraître en poche et c'est une bonne occasion de découvrir ce livre génial. Jean-Pierre Minaudier est un doux dingue comme j'aimerais qu'il y en ait plus en ce bas monde. Ce monsieur est un passionné de grammaire. Il collectionne donc les livres de grammaire et en possède 1163 (très exactement). Il a aussi traduit de l'estonien l'intriguant livre L'homme qui savait la langue des serpents (Grand prix de l'Imaginaire 2014 dans la catégorie du roman étranger).

Son livre, Poésie du gérondif, est une déclaration d'amour à la grammaire et à sa poésie. Car, oui, il y a de la poésie et de la beauté dans cette discipline, même si vous avez tendance à penser le contraire, surtout si elle vous a traumatisé durant votre scolarité. Avec beaucoup d'humour, Jean-Pierre Minaudier nous invite à un voyage au cœur de la grammaire et de sa fille la linguistique. C'est simplement passionnant, on apprend de nouvelles choses à chaque page, comme par exemple :

- Comment prononcer un mot sans voyelles...

- Ce qu'est un infixe (et non un nain fixe), un expressif, un évidentiel...

- Que "Tuktusiuqatiqarumalauqpuq" signifie "Il désira avoir un compagnon de chasse au caribou", en langue esquimaude...

- Que la langue qui possède le plus de consonnes (entre 117 et 126 selon les analyses) est le !xoon, une langue khoïsane parlée par 4000 personnes en Namibie et au Botswana. C'est aussi la langue la plus riche en voyelles (44)...

- Et que certaines langues refusent tout emprunt aux mots d'origine étrangère et qu'elles préfèrent inventer de nouveaux mots. Par exemple, en navajo, le mot "tank" se dit "chidinaa'na'ibee'eldoohtsohbikaa'dahnaazniligii", ce qui signifie "la voiture qui glisse sur le sol avec de gros fusils dessus".

Et si avec tout ça, vous n'avez pas envie de vous initier aux grammaires étrangères, je ne peux plus rien faire pour vous...

-> Poésie du gérondif (vagabondages linguistiques d'un passionné de peuples et de mots), Jean-Pierre Minaudier, éditions Le Tripode, 11€.

-> Site de l'éditeur.

On voit par là que toute traduction parfaite est impossible, parce que traduire impose des changements structurels et qu'à changer de langue on change de vision du monde : c'est pourquoi la diversité des langues est l'une des richesses fondamentales de l'humanité, et leur étude, l'un des plus grands plaisirs intellectuels et poétiques qui puisse se concevoir. Ouvrir une nouvelle grammaire, c'est exactement la même chose qu'aborder l’œuvre d'un poète inconnu, avec son usage particulier de la langue, sa "musique" personnelle, ses thèmes de prédilection, ses métaphores et ses associations favorites, ses fulgurances et ses pannes d'inspiration. »

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